Il y a des souvenirs qui ne reviennent pas par les images, mais par les odeurs.
Enfant, le chèvrefeuille m’enivrait. Je me souviens de ses petites fleurs délicates, de leur parfum doux et enveloppant, de cette sensation presque inexplicable qu’elles éveillaient en moi. Quelque chose de simple, de profondément heureux, qui appartenait à l’enfance et semblait alors pouvoir durer toujours.
Des années plus tard, j’ai voulu en garder une empreinte.
Le chèvrefeuille est pourtant une plante difficile à capturer en cyanotype. Ses fleurs, si fragiles, se fanent très rapidement. Il faut les préparer avec soin, travailler presque dans l’urgence, accepter leur transformation et composer avec leur délicatesse. Le procédé devient alors une manière de retenir ce qui, autrement, disparaîtrait.
C’est peut-être là que réside toute la symbolique de cette œuvre.
Le chèvrefeuille évoque l’attachement, les liens qui perdurent et la mémoire. Sa nature grimpante et enchevêtrée fait écho à ces souvenirs auxquels nous restons attachés, parfois sans même nous en rendre compte. Des souvenirs simples, presque insignifiants en apparence, mais qui deviennent avec le temps de véritables trésors intérieurs.
Création Cecile Au Zen :
– Taille : 77,5 cm x 77,5 cm